COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Le 22 août 2025
Le 21 août, deux grands coffres de criées remplis de bar sous taille sont découverts dans un recoin discret de la criée du Guilvinec.
Les pêcheurs ayant fait cette découverte peu reluisante comprennent vite qu’il s’agit de la pêche « accessoire » d’un bolincheur de Douarnenez ayant débarqué 1,6 tonnes de bar pêchés la veille.
Fait surprenant, ce bolincheur ne quitte généralement jamais la baie de Douarnenez, à l’exception de ce jour là, où il réalise plusieurs coups de senne, dans la baie de Douarnenez, puis au sud du 48ème parallèle, dans la zone où la pêche du bar lui est autorisée. Il fait un coup de senne à 2 miles de la pointe de la Jument, puis coupe son AIS vers la pointe de Brezellec pour traverser le Raz de Sein, AIS rallumé à 2 miles dans le SSE de l’île de Sein avec un nouveau coup de senne, puis éteint de nouveau avant de rejoindre le port du Guilvinec.
Dans ce cas, nous nous trouvons face à une situation de pêche à priori « légale » mais purement irresponsable… Un bolincheur réalise un coup de senne sur un banc de bar, débarque l’ensemble de sa pêche à la criée du Guilvinec, réalise le tri des bars sous taille dans la criée et vend la part « légale » de sa capture. Le reste de sa pêche, des bars de taille inférieure à 40 cm, est détruit…
Il est de notre devoir de poser les questions suivantes :
- Cette technique de pêche, la bolinche, qui peut capturer d’un coup plusieurs tonnes de bar, et provoquer la mort inutile de milliers d’individus immatures, est-elle une technique adaptée à des espèces comme le bar. La réponse est non !
- La bolinche, qui se targue d’être une technique sélective et responsable, se vante de pouvoir relâcher vivants tous les poissons d’un coup de senne qui seraient, par exemple, trop petits. Cela est-il faux ou c’est juste la conséquence d’un acte isolé parmi la flottille des bolincheurs ?
- Enfin, la différence de réglementation d’un côté à l’autre du 48 ème parallèle pousse de nombreux navires à déclarer au sud du 48ème des bars capturés au nord du 48ème, dans la baie de Douarnenez par exemple. Bien entendu, un tel comportement n’est pas propre à un seul type de métier… mais s’il est pratiqué par la bolinche, qui n’a pas le droit de capturer du bar au nord du 48ème, c’est une circonstance aggravante, d’autant plus quand on parle de pêche journalière de plusieurs tonnes (contre quelques dizaines de kg pour un ligneur) !
Ce communiqué n’a pas pour objet de jeter l’opprobre sur toute la flottille des bolincheurs. Seul un navire est visé. La situation que nous dénonçons révèle néanmoins des mauvaises pratiques qui ne devraient pas exister. Si les pêcheurs eux-mêmes ne sont pas capables de pratiquer leur métier de manière responsable, alors c’est aux autorités d’agir pour que de tels gâchis ne puissent plus être réalisés.


