COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Le 26 février 2025
Depuis plusieurs semaines, des chalutiers procèdent à un pillage en règle d’une zone exceptionnelle à plus d’un titre : les Glénan.
L’archipel des Glénan abrite une faune et une flore extrêmement riche. Elle offre de par la diversité de ses biotopes un abri à de nombreuses espèces marines, à de nombreux juvéniles de poissons, de crustacés qui y trouvent la nourriture et la protection dont ils ont cruellement besoin.
L’archipel des Glénan est justement une AMP, une Aire Marine « Protégée » Natura 2000, une zone censée être protégée de tels pillages de la ressource….
Mais c’est aussi une zone de pêche VITALE pour toute la flotte de petite pêche des ports environnants. De Saint-Guénolé à Concarneau en passant par le Guilvinec, les ligneurs, les fileyeurs et les caseyeurs dépendent des Glénan.
Depuis des décennies, la flotte de pêche de la pointe Bretagne se répartit avec plus ou moins de bonheur les zones et les espèces. Les chalutiers de fond ciblent, par exemple, la langoustine et le poisson sur la Grande Vasière, les ligneurs le bar, le lieu et les dorades, les fileyeurs la sole ou encore la daurade royale, et les caseyeurs les crustacés bien sûr.
Mais depuis une dizaine d’années, une poignée de chalutiers pratique une technique que de nombreux pêcheurs dénoncent, la technique du chalut dite « 4 panneaux ». Cette technique est considérée réglementairement comme du chalut de fond, mais est bien plus proche du chalutage de pleine eau (pélagique). Grâce à leur capacité à décoller du fond, elle leur permet de capturer de façon massive des espèces de fond, telles que le bar ou les dorades, sur des secteurs rocheux où les chaluts de fond ne peuvent pas pratiquer. Après avoir pillé les zones au large d’Audierne, ils se rabattent maintenant sur les Glénan… Ces navires pratiquent la politique de la mer brûlée, celle qui a profondément appauvri nos ressources halieutiques, épuisant une espèce pour passer à une autre, et ainsi de suite…
Chaque nuit, ces chalutiers capturent par dizaines de tonnes bars, lieus, pagres, pageots ou encore dorades grises, avec de nombreux juvéniles ! Ils vident littéralement les Glénan de toute sa ressource halieutique, sans considération pour la pérennité de la ressource ou de l’écosystème marin, et encore moins pour les autres pêcheurs. Pire encore, des soupçons d’infractions à la règle d’interdiction du chalutage à l’intérieur des trois milles nautiques pèsent sur ces chalutiers.
De par leur mépris absolu de la biodiversité et des autres marins pêcheurs, ces chalutiers ne portent pas seulement préjudice à la petite pêche, ils mettent également en danger TOUTE la flotte de pêche, et notamment l’immense majorité des chalutiers de fond qui respecte pourtant les autres métiers pratiqués dans la bande côtière.
Nous dénonçons avec vigueur cette technique de pêche, totalement inadaptée à la bande côtière et demandons son interdiction pure et simple. Nous en avons assez des beaux discours des ministres de la pêche qui portent au pinacle la durabilité de la pêche française ou encore la politique de protection des AMP… Non, il y a certes de nombreux marins pêcheurs qui pratiquent une pêche responsable mais il y a aussi de nombreux points sombres qui n’ont rien à faire en mer : de cette technique destructrice du « 4 panneaux » aux chalutiers géants, en passant par la senne danoise…


