Le 10 août 2025
A la fin du mois de juillet, un article du Marin nous apprenait qu’une consultation publique relative à un projet d’arrêté censé « réglementer » la pratique du chalut 4 panneaux dans les eaux du Finistère était ouverte jusqu’au 15 août.
Malheureusement, nous sommes mis devant le fait accompli en pleine saison de pêche pour la flottille des ligneurs, en pleine période de congés d’été, avec comme seule possibilité de nous faire entendre, cette consultation publique. Aucune consultation de la base, aucune communication vis à vis des pêcheurs premiers concernés, ce qui en dit long sur l’absence de fonctionnement démocratique au sein du Comité Régional des Pêches de Bretagne. On voudrait faire passer cette loi en catimini, avec le moins de possibilités pour ses détracteurs de se faire entendre qu’on ne s’y prendrait pas autrement.
Le projet de réglementation dont il est question ici concerne un type de chalutage particulier qui consiste à utiliser un chalut à grande ouverture verticale, dépassant les 10 mètres, afin de capturer des espèces de pleine eau (bar, dorades, pagre etc.), de la même façon qu’un chalut pélagique, mais sans être contraint à la réglementation spécifique à ce dernier.
En une nuit, ces chalutiers capturent par dizaines de tonnes bars, lieus, pagres, pageots ou encore dorades grises, avec de nombreux juvéniles ! Ils vident littéralement les zones côtières de toute leur ressource halieutique, sans considération pour la pérennité de la ressource ou de l’écosystème marin, et encore moins pour les autres pêcheurs. Pire encore, des soupçons d’infractions à la règle d’interdiction du chalutage à l’intérieur des trois milles nautiques pèsent sur ces chalutiers.
Les graves problèmes de surpêche provoqués par le chalut pélagique dès sa création dans les années 70, et donc de cohabitation avec la flotte de pêche côtière, a conduit à l’adoption d’une réglementation à la fin des années 70 nommée « accords Pélerin », repoussant l’autorisation de la pratique du chalut pélagique au-delà de la proche bande côtière.
Comble de l’absurde, ces navires ne sont (pour l’instant) qu’une petite dizaine, mais ils portent préjudice à toute la flotte de pêche côtière de la pointe bretonne…
Dans son projet de réglementation, le CRPMEM Bretagne considère que ces navires équipés de chaluts dotés d’une ouverture verticale allant jusqu’à 12 mètres sont assimilés à des chaluts de fond… Le CRPMEM reconnaît lui-même cette « incongruité » par la phrase suivante : « L’activité pratiquée au moyen de ces gréements peut s’apparenter à du chalutage pélagique, par les espèces ciblées et la zone d’évolution de l’engin dans la colonne d’eau, mais entre dans le champ réglementaire de l’activité de chalutage de fond. »
En assimilant des chaluts dont l’ouverture verticale peut atteindre 12 mètres à des chalutiers « de fond », cette réglementation introduit dans la loi une incohérence majeure, incompatible avec l’esprit d’une pêche durable et correctement encadrée. Elle porte en elle le germe de la surpêche et des conflits à venir.
C’est pourquoi nous demandons à ces chaluts soit considérés comme des chaluts pélagiques et soumis aux mêmes règles que celle s’appliquant à cette technique.
Nous appelons tous les citoyens soucieux de l’avenir de nos océans et de notre flotte de pêche côtière, des ligneurs aux chalutiers de fond, à répondre à cette consultation publique. N’hésitez pas à reprendre notre texte si vous le souhaitez.
vous trouverez ci-après les liens vers la consultation du public :
https://www.prefectures-regions.gouv.fr/bretagne/irecontenu/telechargement/129768/955236/file/Note%20de%20pr%C3%A9sentation%20MT%20CHALUT%20BZH%20SUD.pdf
https://www.prefectures-regions.gouv.fr/bretagne/irecontenu/telechargement/129767/955231/file/2025-0XX%20MT%20CHALUT%20BZH%20SUD.pdf
ADRESSE MAIL où envoyer votre réponse :
urdp.dpa.dirm-namo@developpement-durable.gouv.fr
texte à mettre dans l’objet du mail : Réponse à la consultation du public sur le projet de délibération du CRPMEM de Bretagne limitant l’usage du chalut de fond dans les eaux territoriales au large du Finistère


